En France, les services d’archives sont organisés en réseau, animé par le Service interministériel des Archives de France dépendant du ministère de la Culture. En fonction de l’institution qui les produit et de sa compétence territoriale (État, régions, départements, communes, hôpitaux…), les archives sont gérées par des services d’archives nationaux, régionaux, départementaux, communaux…
Les Archives municipales conservent les documents provenant des assemblées, administrations et établissements publics municipaux, les documents qui leur sont remis à titre onéreux ou gratuit.
Les villes relativement importantes ont organisé au fil du temps un service municipal spécifique avec du personnel spécialisé apte à répondre aux différentes attentes des autorités, des autres services municipaux et bien sûr des individus qui pour des recherches administratives ou historiques souhaitent consulter les archives.
Les Archives constituent un outil patrimonial fondamental pour la mémoire de la cité. Elles sont le reflet de son identité profonde, le fruit des aléas et des passions de son histoire. Leur forme est intimement liée à leur raison d’être.
A la fin du Moyen Age, le corps de ville de Nancy siège en l’église Saint-Epvre ; les archives sont alors conservées dans la tour-porche de l’église. De 1610 à 1751, le conseil de la ville est installé dans l’ancienne demeure du trésorier général de Lorraine, Jean Vincent, devant l’église Saint-Sébastien. En 1755, le magistrat et les services municipaux s’installent dans l’hôtel de ville actuel ; les archives de la ville sont installées au-dessus des grands salons.
En 1938, les archives sont déposées à l’école Alfred Mézières. Au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, une grande partie des documents est déplacée à Bordeaux où elle se trouve encore en 1943. Après la Libération, les archives sont transférées dans le bâtiment actuel, ancienne manufacture de chaussures Spire datant du milieu du XIXe siècle. Elles y cohabitent avec la direction régionale de la Sécurité sociale, l’atelier de reliure municipal et l’atelier décors du théâtre municipal jusque dans les années 1970.
Le bâtiment connaît deux restructurations successives, en 1982 et en 2001, permettant ainsi d’améliorer la capacité et les conditions d’accueil des documents et du public. Malgré ces opérations, le bâtiment ne correspond guère aux normes en vigueur. En 2005, le principe de la construction d’un nouveau bâtiment d’archives est approuvé par le conseil municipal.
Ce fut d’abord Henri Lepage, archiviste départemental, qui classa les archives de la ville à partir de 1864 et en fit l’inventaire. Dix ans plus tard, Emile Roussel, archiviste municipal nommé en 1875, poursuivit le travail. Il publia, en 1891, la Table des délibérations du conseil municipal de 1789 à 1800. Son successeur, Paul Denis, prit ses fonctions en 1906 et quitta son poste en 1937. Après la seconde Guerre mondiale, les Archives de Nancy restèrent sans titulaire. Rattachées au cabinet du maire, elles furent placées sous la surveillance lointaine d’un chef de bureau. Cette situation ne prit fin qu’en 1968, date à laquelle un poste de documentaliste-archiviste fut créé en faveur de Michèle Le Bris (épouse Renson) qui occupera le poste jusqu’en 2005. En mai 2005, Daniel Peter prend la direction de l’institution.